Les vétérans: 40 ans de Triathlon : Entre sagesse, passion et… petits bourrelets.


​Je viens de boucler une saison dont je suis fier : une 15e place au T24 individuel et un Ironman de Barcelone en 12h. À 59 ans, après 40 ans de triple effort, je ne cours plus après mon record de Roth (10h30, une autre vie !). Aujourd’hui, mon expertise est ailleurs, et mon regard sur la discipline a pris un sacré coup de vieux… tout comme le reste !


​1. La Natation : Le dernier bastion
​C’est le seul endroit où je peux encore faire illusion. Comme c’est 90% de technique, je ne perds pas trop de terrain. Dans l’eau, j’ai encore 30 ans… jusqu’au moment de sortir du bassin.


​2. Le Vélo : FTP stable, mais grimpeur en retraite
​Sur le plat, le moteur ronronne bien, la FTP est stable. Par contre, dès que la route s’élève, le verdict tombe : la puissance max a pris des vacances prolongées.
​Le constat : Si on arrête de rouler trois jours, on a l’impression de n’avoir jamais vu un vélo de sa vie. C’est un travail de tous les instants pour rester dans le coup.


​3. L’ennemi juré : Le miroir et la trifonction
​C’est là que le mental doit être en béton. On découvre l’existence des « bourrelets d’amour ». On a beau faire attention, enfiler sa trifonction devient un exercice de gainage extrême pour tout rentrer à l’intérieur.
C’est le paradoxe du vétéran : tu peux perdre 5 kg à la sueur de ton front pendant la saison et les reprendre en deux mois de « repos relatif ». C’est cruel, c’est injuste, mais c’est notre réalité : on ne peut pas être et avoir été (mince sans effort).


​4. La Course à pied : Le festival du craquement
​C’est la partie « chantier ». Arthrose, ligaments capricieux, cheville qui décide de se faire la malle sans prévenir… Courir à 59 ans, c’est faire l’inventaire des douleurs au kilomètre 2. On apprend à négocier avec son corps : « Écoute, laisse-moi finir ce marathon et promis, demain on reste au lit. »


​5. Vie de Master : Entre « Body Battery » et cardiologue
​Le Sommeil : C’est mon nouveau dopage légal. À 16h, ma « Body Battery » crie famine. Si je ne m’entraîne pas le matin, c’est mort.
​Le Malentendu : Il me faut absolument un médecin du sport. Mon généraliste, lui, manque de faire une syncope quand il voit mon rythme cardiaque au repos. Il veut m’hospitaliser alors que je suis juste… entraîné !


​Conclusion : Le privilège de l’expérience
​Alors oui, on est moins affûtés, on récupère moins vite et on a un peu plus de « confort » autour de la taille. Mais quel pied ! À cet âge, on a presque tout vécu. On ne stresse plus pour un départ raté ou une crevaison. On savoure chaque kilomètre avec la certitude que la plus belle victoire, c’est d’être encore là, au départ, 40 ans après.

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